dimanche 26 octobre 2014

Prix Pinocchio 2014

Prix Pinocchio 2014 : les nominés sont…

Comme chaque année, les Amis de la Terre France, en partenariat avec le Centre de recherche et d’information pour le développement (CRID) et Peuples Solidaires-ActionAid France, ont désigné des entreprises qui "méritent", selon elles, de concourir pour les prix Pinocchio. Ceux-ci sont destinés à mettre en lumière des cas concrets de violations de droits sociaux et environnementaux par des multinationales nominées. Aux internautes de juger ! Les votes sont ouverts en ligne jusqu’au 18 novembre.
Illustration prix Pinocchio 2014
Les amis de la terre / CRID / ¨Peuples solidaires Actionaid
Les entreprises raffolent des prix en tous genres. Mais il en est certains dont elles se passeraient bien. Les prix Pinocchio, organisés depuis 7 ans par les Amis de la Terre France, en partenariat avec le CRID et Peuples Solidaires-ActionAid France, font partie de ceux-là. Et pour cause: ils sont destinés à dénoncer le fossé entre les discours "développement durable" et les actes réels constatés sur le terrain. Et à appuyer la demande des associations d’un encadrement juridique contraignant pour les multinationales.
La sélection des "nominés" est réalisée par les associations organisatrices autour de trois catégories. La première, "Plus vert que vert", distingue "la campagne de communication la plus abusive et trompeuse au regard de ses activités réelles".
La deuxième: "Mains sales, poches pleines" met en lumière "la politique la plus opaque au niveau financier (corruption, évasion fiscale, etc.), en termes de lobbying, ou dans sa chaîne d’approvisionnement".
Enfin, la troisième, "Une pour tous, tout pour moi !" dénonce la politique "la plus agressive en termes d’appropriation, de surexploitation ou de destruction des ressources naturelles".
Les votes sont ensuite ouverts aux internautes. Ces prix "donnent une voix à tous ceux qui refusent d’être dupes des beaux discours que ces entreprises tiennent pour se dédouaner des effets parfois catastrophiques de leurs activités dans les pays de production", estime Fanny Gallois, responsable des campagnes de Peuples Solidaires-ActionAid France.

Les nominés 2014

Catégorie "Plus vert que vert" :
  • EDF, pour son projet de centrale de lignite (charbon) de 750 MW en Serbie, via sa filiale Edison.
  • Pur Projet, pour l’accompagnement de grandes entreprises comme Vinci ou Nestlé dans leurs projets de compensation carbone au Pérou.
  • GDF Suez pour ses "obligations vertes" aux critères de sélection trop vagues.

Catégorie "Mains sales, poches pleines" :
  • Perenco, pour l’opacité et l’impact environnemental et social de ses opérations pétrolières en République Démocratique du Congo.
  • Samsung, pour son manque de zèle à traquer l’exploitation d’enfants dans ses usines en Chine.
  • Lyon-Turin Ferroviaire, pour son manque de discernement à repérer des conflits d’intérêts et trucages d’appels d’offres mis en lumière par la justice italienne et la Cour des comptes française dans le projet du Lyon-Turin à grande vitesse.

Catégorie "Une pour tous, tout pour moi !" :
  • Shell, pour l’exploitation du gaz de schiste en Ukraine et Argentine avec des problèmes d’opacité financière, d’atteinte aux droits des populations et des risques pour l’environnement.
  • Total, pour les dégâts environnementaux et sociaux liés à son activité pétrolière et gazière au Nigéria.
  • Crédit Agricole, pour le financement d’entreprises minières pratiquant le "mountaintop removal", une technique d’extraction qui consiste à faire sauter les montagnes à l’explosif pour avoir accès au charbon qu’elles recèlent.

Reporterre


Reporterre

La sélection hebdomadaire de Reporterre

À la Une

Décès inattendus à la ferme-usine des 998 vaches

Des clichés réalisés les 4 et 5 octobre, et que Reporterre dévoile aujourd’hui, prouvent qu’au moins deux bovins sont morts dans la ferme-usine dite des Mille vaches, trois semaines à peine après l’ouverture du site.

Infos

Ça y est ! J’ai compris ce qu’est la permaculture !

La permaculture, tout le monde en parle, mais personne ne sait vraiment de quoi il s’agit. Une branche radicale de l’agroécologie ? Une nouvelle tendance New Age ? Notre reporter s’est rendue à un week-end d’initiation, pour tenter de lever le voile.

Tribunes

À Notre Dame des Landes et ailleurs, la fausse promesse de l’emploi pour pouvoir tout saccager

Les pro-aéroport jouent leur dernière carte en axant leur propos essentiellement sur l’emploi. Un discours anxiogène qui vise à masquer les problématiques sociales et environnementales, et qui sert à justifier sans condition les politiques productivistes et croissancistes.

Alternatives

Helsinki prépare la ville sans voiture, grâce au téléphone

Les villes sont de plus en plus congestionnées par les voitures, et il est clair qu’il faut repenser la mobilité urbaine, mais comment ? Helsinki a peut-être la solution.

Une minute, une question

Où en est le mouvement des villes en transition ?

Pascal Bourgois

Le panier Vert


Le Panier Vert en Pays Rignacois




Posted: 04 Jun 2013 06:38 AM PDT
Découvrez :
http://kaizen-magazine.com/


Un magazine pour construire une société écologique et humaine

L’humanité vit ses heures les plus décisives : dérèglements climatiques et pic pétrolier, épuisement de l’eau potable et des terres arables, disparition en masse des espèces et pollutions généralisées, crises économiques, sociales, financières. Et plus grave encore : abandon de l’être humain.
Face à cet implacable constat nous aurions toutes les raisons de désespérer et pourtant, silencieusement, un nouveau monde est en marche : intelligent, sobre, mettant au premier rang de ses priorités l’épanouissement de la Vie sur notre planète.
C’est à ce monde que nous choisissons de donner la parole aujourd’hui, à ces personnes qui portent les (r)évolutions que nous attendons, courageusement, souvent isolées et parfois décriées. A ces initiatives pionnières qui, par leur simplicité et leur bon sens, nous offrent de nouveaux horizons, de véritables raisons de croire en l’avenir.

Donner la parole aux initiatives pionnières

Aux quatre coins du monde, des femmes et des hommes inventent une agriculture abondante, sans pétrole, fondée sur la diversité et l’interdépendance des espèces ; des modèles énergétiques utilisant les forces inépuisables de l’eau, du soleil et du vent ; des économies locales qui organisent une répartition équitable de nos richesses et encouragent l’autonomie du plus grand nombre ; des entreprises mettant leur savoir-faire et leur rentabilité au service de la réparation des écosystèmes ; des bâtiments ultra économes, faits de matériaux sains et locaux, produisant plus d’énergie qu’ils n’en consomment ; des modèles industriels zéro déchet, utilisant les rebuts pour créer des produits nouveaux ; des lieux où chaque enfant peut s’épanouir et découvrir qui il est…
Ces initiatives, ces consciences déterminées et créatives ont aujourd’hui leur média : Kaizen.
Pourtant, il ne s’agit pas de proposer ici un énième catalogue de solutions. Les initiatives pour elles-mêmes nous intéressent moins que l’esprit qui les porte. Car au delà du remplacement des énergies fossiles par les renouvelables ou l’agriculture chimique par la bio, c’est à l’âme humaineque nous nous intéressons. Au sens que nous donnons à nos vies, à nos capacités d’empathie et d’émerveillement, à notre profond désir d’être libres.
Plus que tout, nous croyons qu’il ne peut y avoir de réelle métamorphose de nos sociétés sans un profond changement de ceux qui la constituent : NOUS.
Avec créativité, humour, légèreté et rigueur, nous nous engageons, au fil des pages de Kaizen, à inventer un nouveau rêve, et à le concrétiser en même temps.
Plus que jamais nous avons soif d’inspiration et de reliance, pour construire dès à présent ce monde nouveau dans lequel vivront demain nos enfants, leurs enfants et les enfants de leurs enfants…

Histoire…

Kaizen est né de la rencontre de Cyril Dion, directeur du Mouvement Colibris, Pascal Greboval, journaliste et photographe indépendant, Yvan Saint-Jours, fondateur et rédacteur en chef du magazine La Maison Ecologique. Il est notamment porté par le mouvement Colibris.

Kaizen c’est qui ?

Directeur la publication : Yvan Saint-Jours
Directeur de la rédaction : Cyril Dion
Rédacteur en chef : Pascal Greboval
Directeur administratif : Patrick Baldassari
Secrétaire de rédaction : Lucile Vannier
Comité de Rédaction : Yvan Saint-Jours, Pascal Greboval, Françoise Vernet, Cyril Dion, Patrick Baldassari
 
Collaborent régulièrement au magazine : Anne-Sophie Novel, Lionel Astruc, Fanny Dion, Pierre Rabhi, Julie Graux, Le Cil Vert, Linda Louis, Nathalie Jouat, Patrick Lazic…


Posted: 08 May 2013 01:27 PM PDT




Depuis le 1er avril, Maïa Thibault est heureuse de pouvoir vous accueillir dans son atelier d'exposition, à Sauveterre-de-Rouergue.

Elle y présente ses récentes macro photographies, sur différents supports et différent formats. La nature y est graphique, colorée, insolite ! 


C'est au sein de l'Espace Lapérouse, pôle d'artisanat d'art, que le Cotylédon va pouvoir débuter sa croissance aux côtés d'Anaïs Eychenne, une artiste passionnante et passionnée! 

Anaïs et Maïa se sont rencontrées  il y a trois ans.
Anaïs maîtrise l'art du kalamkari, technique de peinture sur tissu, originaire d'Inde. Ses inspirations sont fortes et impressionnent. Elle représente ses rêves, ou des principes pointus de physique et de biologie! 




Anaïs utilise cette technique ancestrale, lente, noire sur fond clair...
Maïa utilise une technique moderne, rapide, colorée...
Mais toutes les deux, elles se rejoignent dans leur amour pour la nature.
Elles seraient heureuses de vous accueillir dans leur atelier et de partager avec vous leurs univers opposés et complémentaires.




Lien en Pays d'Oc

Bonjour à toutes et à tous un mois de Novembre bien rempli en Midi-Pyrénées et en Tarn&Garonne pour entreprendre autrement.
Nous vous attendons
Cordialement     René Chaboy
La souveraineté alimentaire et les circuits courts
La souveraineté alimentaire est un sujet planétaire. Dans certains pays la famine se développe tandis que dans d'autres, l'insécurité alimentaire conséquence d'une surproduction industrielle domine et tend à croître sous l'influence des grands lobbies.
Un vaste chantier coopératif est ouvert dans la construction des circuits courts à partir des filières agroécologiques paysannes et les initiatives citoyennes en permaculture pour participer à la gouvernance de  l'économie alimentaire .
L'association Lien en pays d'OC participera au Mois de l'Economie Sociale et Solidaire/Terres Solidaires en Novembre 2014
Lien en Pays d'OC est partenaire du mouvement Union Fertile ( Les terres nourricières plutôt que le bétonnage à tout va)
Elle invite Jean Christophe Robert Pdt de l'association filière paysanne, fondateur du mouvement union fertile dans l'atelier n°2 avec Bio82 le Vendredi 21 Novembre 2014.  à la cuisine de Nègrepelisse de 9 h à 12h 30.
Former un réseau de Plate forme Paysannes Locale est une innovation dans la distribution et le commerce des circuits courts : une meilleure circulation des produits et un gain de temps dans la vente . Nous aborderons le sujet de l'accaparement des terres par la haute finance orienté vers le bétonnage et la possible mise en place de maisons de semences paysannes locales.
voir le programme complet du mois de l'ESS en Tarn&Garonne conçu avec la Maison pour l'Emploi de Caussade , la Cheminée de Septfonds, la Cuisine de Nègrepelisse, ADEPES Midi-Pyrénées et CRESS Midi-Pyrénées Vous le trouverez ci-joint en pdf
Comment entreprendre autrement sera largement abordé lors de ces journées du mois de l'ESS en Tarn&Garonne.
Nous aborderons avec les sociétés coopératives d’intérêt collectif (Scic) une autre façon d'entreprendre .
La particularité du statut Scic est de permettre l'association de divers acteurs autour d'un même projet de production économique et de production d'intérêt collectif.
Cette forme de société coopérative peut être particulièrement intéressante pour des projets répondant à des besoins collectifs d'un territoire donné ou d'une filière d'activité donnée. Elle favorise en effet la meilleure mobilisation possible des ressources économiques et des compétences sociales présentes sur tel territoire ou dans telle filière. Le statut Scic répond à une volonté de concilier et de mettre à égalité d'importance les deux volets du développement que sont l'économique et le social. lire la suite
Forum Régional de l''Économie Sociale et Solidaire • Midi-Pyrénées• 14 ET 15 Novembre2014 • Toulouse le programme iciBerenice Dondeyne encore des stands disponibles, appelez nous dès lundi! P { margin-bottom: 0.21cm; }A:link { }

Arrêtez de croire que l'on crée de la valeur sur les marchés financiers


Entretien avec Patrick Viveret, philosophe (chargé par le gouvernement Jospin de réfléchir aux alternatives concrètes à la croissance) : « Débloquer l'imaginaire pour s
ortir de la sidération. » voir la vidéo
La véritable valeur économique se crée dans l'art du recyclage...
Chauffage Solaire Air avec des Canettes de Soda en Aluminium Energie Solaire voir la vidéo
...elle se crée dans l'art social économique évitant le bétonnage, le développement de la dette pour tous ( sauf pour les groupes minoritaires qui conçoivent et imposent de grands projets inutiles).
Notre bouquin pour la protection des terres nourricières est en cours... " Qui sème le béton aura bientôt la dalle ! "
Ce titre sonne comme un petit avertissement collectif face à la disparition de la terre cultivable qui est une ressource à la fois vitale, fragile et non renouvelable. Il révèle également l'esprit incisif et taquin du livre. Même si le sujet est sérieux, gardons toujours le sens de l'humus !
Investir dans l'information responsable coopérative plutôt que subir la loi des grands projets inutiles et la croissance de la dette publique découlant de l'art d'obtenir des subventions payées par les contribuables http://www.lienenpaysdoc.com/

 

Osez le numérique, vous pouvez soutenir l'information de l'association Lien en Pays d'OC en cliquant sur j'aime la page. A bientôt. https://www.facebook.com/pages/Association-Lien-en-Pays-dOC/864316386917450?ref=hl








CANOPÉE STAGE PRATIQUE BARDEAUX

Un stage de formation à l'auto-construction en matériaux écologiques sera organisé
le vendredi 21 et le samedi 22 novembre
sur le thème : « Fabrication et pose de bardeaux bois en toiture »

Présentation du stage dans la pièce jointe.
Renseignements et inscription :
Pascal Devoille
Roques
12470 Prades d'Aubrac
05 65 70 46 78
roc.abrac@nordnet.fr

dimanche 5 octobre 2014

Transition énergétique


Transition énergétique

Des fournisseurs d’énergie publics, locaux, écolos et rentables... Mais interdits en France !

par
Des dizaines de villes allemandes choisissent de reprendre la main sur leur énergie grâce à des régies communales. Ces entreprises publiques locales gèrent les réseaux, vendent gaz et électricité et s’investissent dans la production d’énergies renouvelables. Elles ouvrent aussi leur capital à des coopératives de citoyens. Pendant ce temps, les grands groupes énergétiques, après avoir encensé le nucléaire, misent toujours sur le charbon, ultra-polluant, et vendent leur électricité plus cher. Le mouvement vers une transition énergétique décentralisée prend de l’ampleur. La France doit-elle suivre l’exemple ? Enquête.
« Aujourd’hui, Il est tout simplement interdit de créer une régie municipale d’énergie en France », déplore Raphaël Claustre, président du réseau pour la transition énergétique Cler. Un mouvement qui viserait à re-municipaliser l’énergie, sur le modèle de ce qui s’est produit pour la gestion et la distribution de l’eau (voir notre enquête), et à favoriser localement le recours à des énergies renouvelables, est donc impossible. Pourtant, 160 régies municipales de l’énergie existent bel et bien en France. Les habitants de Grenoble, Metz, Elbeuf en Normandie ou Péronne en Picardie sont ainsi approvisionnés en électricité ou en gaz par des entreprises locales, aux tarifs réglementés. Plusieurs de ces régies sont 100 % communales. D’autres, comme Gaz et électricité de Grenoble, sont des sociétés d’économie mixte, où la collectivité détient la majorité du capital, à côté d’un groupe privé, GDF Suez dans le cas de Grenoble [1].
Ces régies sont souvent à la pointe en matière d’énergies renouvelables. Celle de Grenoble produit de l’électricité photovoltaïque, éolienne et hydraulique. À Montdidier, dans la Somme, la régie a inauguré en 2011 le premier parc éolien communal de France. Les collectivités françaises gèrent aussi 55 entreprises publiques locales actives dans le champ des énergies renouvelables. Mais ces régies publiques de l’énergie, qui gèrent elles-mêmes leurs réseaux, ne couvrent que 5% du territoire. Ailleurs, c’est-à-dire sur 95 % du territoire français, c’est ERDF qui s’en occupe.
Une situation héritée de 1946, quand l’État nationalise les entreprises privées d’électricité, pour les fondre dans un monopole public, EDF. Depuis, les quelques régies municipales de l’énergie ont survécu. Le service public de l’électricité s’est, lui, affaibli sous les coups de boutoir de « la concurrence libre et non faussée ». Des fournisseurs privés se sont créés. EDF, partiellement privatisée, demeure centrée sur l’électricité nucléaire. Et si le gestionnaire du réseau ERDF reste dans le giron public, il verse 75 % de ses résultats nets à sa société mère, EDF, au lieu de les réinvestir dans les réseaux dont il est censé assurer l’entretien [2]. Quant à la transition énergétique, elle est à la peine : la consommation d’énergie primaire (avant sa transformation en électricité) d’origine renouvelable est passée, en une décennie, de 6% à... 8% [3]. Une progression bien lente, trop lente.

Un millier de régies publiques de l’énergie en Allemagne

De l’autre côté du Rhin, les régies publiques locales d’énergie sont monnaie courante. Il en existe plus d’un millier, entièrement détenue par la collectivité ou en société mixte. Elles fournissent plus de 45 % de l’électricité consommée dans le pays ! Comment expliquer cette différence ? L’Allemagne n’a jamais connu de monopole national dans le domaine de l’énergie. Avant la libéralisation du marché de l’électricité – qui s’est faite dès 1998 outre-Rhin –, il existait des monopoles régionaux. La plupart détenus par les entreprises privées qui ont fusionné pour donner naissance aux quatre grands groupes énergétiques actuels : Eon, RWE, Vattenfall et EnBW. Ces géants de l’énergie sont loin d’être des partenaires idéaux pour des communes qui souhaitent développer les énergies moins polluantes, sans charbon par exemple. Du coup, de plus en plus de villes reprennent en main leurs réseaux et productions d’énergie.

« Nous avons lancé le projet de la régie début 2011, quand la concession de nos réseaux est arrivée à terme. C’était avant Fukushima. Nous voulions être plus indépendant de l’énergie nucléaire à un moment où ce n’était pas encore la tendance, raconte Stefan Altenberger, maire de Kernen, une commune de 15 000 habitants dans le sud-ouest de l’Allemagne. Kernen a créé fin 2012 une régie intercommunale d’énergie, avec trois villes voisines. Celle-ci fournit aujourd’hui de l’électricité à 2 000 des 40 000 habitants de la zone.
La plupart des concessions actuelles sur les réseaux énergétiques allemands ont été accordées il y a une vingtaine d’années. Et arrivent à échéance. L’occasion pour les élus locaux d’y réfléchir à deux fois avant de reconduire une gestion privée. Beaucoup optent pour une gestion publique par une régie municipale, qui devient souvent productrice d’énergie. Depuis 2005, 120 nouvelles régies locales ont ainsi vu le jour en Allemagne ! Et 200 concessions ont été reprises par des régies depuis 2007 [4]. Un mouvement de fond.

Une électricité locale souvent plus « verte » et moins chère

« Les communes dorment pendant 20 ans. Puis, à la fin de la concession, elles se demandent tout à coup ce qu’elle peuvent bien faire », résume Michael Hildebrand, directeur de la régie municipale de Lohmar, près de Cologne. Celle-ci existe depuis 2011. Dans cette ville, c’est RWE – qui exploite les mines de charbon de la Ruhr et plusieurs centrales nucléaires – qui détenait la délégation des réseaux électriques et de gaz. « Nous avons récupéré les concessions cette année. Et nous négocions en ce moment, plus ou moins amicalement, pour racheter les réseaux. » Les sommes en jeu restent secrètes. Mais une telle opération représente beaucoup d’argent pour une petite ville comme Lohmar. Les régies sont-elles alors en mesure de garantir des tarifs raisonnables à leurs usagers ? « Nous proposons des prix plus bas que ceux de l’ancien concessionnaire privé », répond Stefan Altenberger, maire de Kernen. Le kilowattheure fourni par la régie coûte 26 centimes. Ce qui peut sembler énorme en France, où le prix du kW/h, s’il augmente, demeure deux fois inférieur. Il reste cependant sous la moyenne nationale allemande, qui se situe plutôt au-dessus des 27 centimes/kWh (les taxes qui financent notamment le développement des énergies renouvelables y sont beaucoup plus élevées). « Nous avons moins de frais d’organisation », souligne le maire. Autre avantage de taille : « Contrairement à un grand groupe, nous pouvons décider de baisser les gains de la régie pour stabiliser les prix. »
Les régies de Kernen et de Lohmar proposent par ailleurs à leurs clients un abonnement d’électricité verte et achètent le courant à des fournisseurs d’énergie certifiées renouvelables. L’abonnement « vert » est devenu un produit quasi-incontournable des régies locales allemandes. « Quand l’électricité sort de la prise, on ne peut pas savoir si elle a été produite par des énergies renouvelables ou par du nucléaire. Mais plus il y a de personnes qui achètent chez des fournisseurs qui s’approvisionnent en énergies renouvelables, plus il y aura d’énergies renouvelables dans les réseaux », estime Andreas Graf, directeur commercial de la régie municipale de Titiensee-Neustadt, créée en 2011. Celle-ci fournit à ses 600 clients une électricité certifiée « renouvelable ». Elle s’approvisionne auprès de son associée, la plus grande coopérative énergétique d’Allemagne, l’EWS Schönau, qui compte 150 000 clients dans le pays. La coopérative détient 30 % de la régie, la commune en possède 60 %. Les 10 % restants sont entre les mains d’une coopérative citoyenne locale.

Des citoyens impliqués dans la politique énergétique de leur ville

Ouvrir les régies communales à des coopératives citoyennes engagées sur la transition devient une pratique courante en Allemagne. « Certaines régies communales mettent en place un comité des habitants-clients. Mais c’est seulement consultatif. En leur ouvrant leur capital, elles sont obligées de prendre en compte la participation citoyenne », souligne Ralf Lang, président de la coopérative citoyenne de Iéna, en Thuringe. Elle a levé 8 millions d’euros auprès de 800 sociétaires. Et a pu acquérir 2 % de la régie. À Wolfhagen, en Hesse, la participation change d’échelle. Dans cette ville de 12 000 habitants, la coopérative citoyenne locale possède un quart du capital de la régie énergétique !
Ces coopératives citoyennes adoptent un fonctionnement interne égalitaire, sur le principe « une personne, une voix », quel que soit le nombre de parts acquises. L’investissement minimum est de 500 euros, un placement qui est ensuite rémunéré. Ces coopérative fixent en général un plafond maximum par sociétaire, de 5 000 ou 10 000 euros, pour éviter la spéculation. Mais une critique émerge : les membres d’une coopérative, qui disposent des moyens financiers d’y investir, ont de fait plus d’influence sur les décisions d’une régie municipale que les simples citoyens de la commune.

Vers une coopérative citoyenne de l’énergie à Berlin ?

« Il y a des voix critiques qui disent que nous sommes des capitalistes. Mais tout le monde peut devenir membre de notre coopérative. Si on ne peut pas payer 500 euros d’un coup, on peut payer dix fois 50 euros », se défend Wilfried Steinbock, de la coopérative de Wolfhagen. « Depuis que la coopérative est entrée au capital, le directeur de la régie va beaucoup plus à la rencontre des habitants, notamment lors les réunions que nous organisons. Il y parle des projets, des investissements. Ça, c’est vraiment nouveau », note aussi Ralf Lang, de la coopérative citoyenne de Iéna.
Les coopératives citoyennes d’énergie sont devenues des acteurs essentiels de la transition allemande. Le pays en compte aujourd’hui près de 900, avec plusieurs centaines de milliers de membres. La plupart produisent des énergies renouvelables. Quelques-unes investissent dans les régies locales. Certaines ont même essayé d’obtenir elles-mêmes la gestion de réseaux électriques. Sans succès pour l’instant. Dans la ville de Kirchheim, une coopérative déjà fournisseur d’électricité, a tenté en 2013 de reprendre la concession du réseau local. « Mais les élus ont eu peur », regrette Felix Denzinger, de la coopérative Teckwerke Bürgerenergie. C’est finalement la commune qui a repris le réseau. « Si l’argent va au moins dans les caisses de la ville plutôt que chez un géant de l’énergie, c’est déjà ça. » Le coup d’essai de Kirchheim a donné des idées ailleurs en Allemagne. Jusqu’à Berlin. La ville a déjà repris en main la gestion de l’eau. Une coopérative a le projet de reprendre fin 2014 la concession du réseau électrique de la plus grande ville du pays. Objectif : investir les gains dans les énergies vertes.

Et en France ?

En France aussi, le mouvement des coopératives citoyennes de production d’énergie renouvelable prend son essor. Le réseau Énergie partagée en accompagne 35 actives. Avec celles en gestation et en attente de permis, la France en compterait une centaine. Sans oublier Enercoop, la première coopérative française de fourniture d’électricité, créée en 2004, qui approvisionne 18 000 usagers. Mais la loi interdit toujours les collectivités de se lancer dans l’aventure pour accélérer le développement des énergies renouvelables.
Une situation que le Cler a contestée en 2012 devant le tribunal administratif de Paris [5] et par le biais d’une question prioritaire de constitutionnalité (QPC). Avec l’argument que l’interdiction de créer des régies locales contrevient au principe d’égalité des citoyens et à celui de libre administration des collectivités. La contestation est pour l’instant restée vaine. « Les réseaux de distribution d’énergies, qui appartiennent aux collectivités locales, sont donnés en concession à ERDF. Du coup, les élus ne mettent pas trop leur nez dans la manière dont cela est géré. Il faudrait pourtant remettre dans les mains des élus locaux les questions énergétiques », estime Raphaël Claustre, du Cler. Une solution décentralisée pour accélérer la transition.
Rachel Knaebel
Photo : CC Sterling College (une) - CC Bert Kaufmann (mine et centrale au charbon de RWE en Allemagne).

Notes

[1Actionnaire à 42 % du capital de Gaz et électricité de Grenoble via sa filiale Cogac.
[2L’association de consommateurs UFC Que Choisir dénonçait encore en juin cette situation. Voir ici.
[3Commissariat général au développement durable, juin 2013.
[4Chiffres du Verband Kommunaler Unternehmen, groupement des entreprises locales allemandes.
[5L’association demandait l’annulation d’une décision de la capitale de 2009, qui prolongeait de quinze ans le contrat de concession entre la ville de Paris et ERDF pour la distribution de l’électricité

Lrs Incroyables Comestibles

Cultivez le partage avec les Incroyables comestibles !

incroyables comestibles incredible edible france
Lancé en Angleterre en 2008, le mouvement des Incroyables comestibles essaime en France depuis 2012. Aujourd’hui, on compte dans l’Hexagone plus de 200 initiatives de jardinage et de partage de fruits et légumes dans les quartiers.

Seulement deux ans qu’ils sont implantés en France et leurs graines germent déjà un peu partout… Le mouvement des Incroyables comestibles, initié par un petit groupe de voisins à Todmorden, dans le nord de l’Angleterre en 2008 sous le nom Incredible edible, a fait plein de petits: Togo, Bénin, Ghana, Inde, Arabie Saoudite, Argentine, République dominicaine, Etats-Unis, Canada, Japon, Israël, Russie … et bien sûr dans l’Hexagone, où l’on recense plus de 200 initiatives locales!
Servez-vous!
L’objectif des Incroyables comestibles ? Faire de nos quartiers des potagers en libre-service, y retrouver de la convivialité et de la bienveillance grâce au partage.  Tout le monde peut y prendre part, gratuitement, sans avoir besoin d’adhérer à une association. Comment faire ? Il suffit de semer des fruits et légumes dans un endroit accessible à tous, chez vous pour commencer (sur votre balcon ou dans une cour intérieure partagée entre habitants par exemple), d’y mettre un panneau « Nourriture à partager » et de laisser les gens se servir. L’idée étant, à terme, de planter fruits et légumes partout où c’est possible dans l’espace public (ronds-points, friches, trottoirs, etc.), en obtenant l’accord de la municipalité – histoire que les plantes puissent pousser tranquillement sans risquer d’être arrachées sous couvert d’illégalité.

Certes, dans une ville très dense et bétonnée comme Paris, des jardinières d'herbes aromatiques sur nos balcons et autres pieds-de-porte (première étape du mouvement) ne suffiront évidemment pas pour nourrir tous les habitants…mais ils joueront déjà leur rôle de sensibilisation au fait que la nourriture, ça ne pousse pas dans les rayons du supermarché ! En semant et en s’occupant des plantes, même sur une surface modeste (une jardinière d’herbes aromatiques par exemple), on se reconnecte avec notre alimentation. Comment mieux fédérer qu’en invitant tout le monde à se servir en basilic pour parfumer des tomates-mozza (qu’on partagera, bien sûr)?

5 étapes pour vous lancer
1) Formez une équipe locale avec d’autres familles (pour être plus forts !). Sinon, lancez-vous seul : vous serez rapidement rejoint par d’autres personnes qui se reconnaîtront dans l’expérience.

2) Posez, une bêche de jardinier à la main, devant la pancarte de votre commune, en tenant le visuel « Incroyables Comestible France » et « Nourriture à partager » pour donner de la force au mouvement global et enraciner l’action sur votre territoire. Mettez devant vous quelques fruits et légumes qui marqueront votre engagement dans la démarche d’abondance partagée des incroyables comestibles pour tous. Envoyez les photos de votre petite scène à François Rouillon, coordinateur du mouvement en France (francois@incredible-edible.info).

3) Réalisez, chacun, une plantation sur votre espace privé, à la limite de l’espace public, et prenez des photos de vos installations avec la mention “nourriture à partager” des « Incroyables comestibles ».

4) Créez un blog pour votre groupe et mettez les photos en ligne de vos plantations qui évoluent, avec des commentaires. Le but : montrer comme c’est simple, joyeux et convivial. Organisez des petits repas de fête, associez vos voisins et proches, faites des petits clips vidéos à mettre en ligne sur internet, et surtout, mettez bien en évidence votre photo de groupe (ou vous seul) devant la pancarte de la commune avec le visuel des Incroyables Comestibles.

5) C’est la phase de pollinisation !  Objectif : gagner l’espace public, comme à Todmorden. Sensibilisez les voisins des autres rues pour qu’ils se lancent aussi, puis ralliez le conseil municipal pour ouvrir l’espace public à la co-création du partage des Incroyables Comestibles (les habitants de Todmorden l’ont fait en 4 ans mais on peut, selon les coordinateurs du mouvement en France, le faire en 4 mois !).

Et voilà que vous devenez peu à peu les jardiniers d’abondance de votre lieu de vie… et que vous faites aussi germer d’autres bêcheurs en herbe !

Voir le site web des Incroyables Comestibles