dimanche 31 janvier 2016

« Les saisons », ciné sauvage

« Les saisons », ciné sauvage


« Les saisons », ciné sauvage
(Crédit photo : DR)
 
De Jacques Perrin et Jacques Cluzaud, sortie le 27 janvier.

Il y a quarante ans, Frédéric Rossif, documentariste, réalisait La Fête sauvage, hommage au monde animal qu’il filmait comme un opéra somptueux. Nouvelle ode au sauvage, Les Saisons retrace, depuis vingt mille ans, la coexistence de l’homme et des animaux en Europe. Les images sont belles, les bêtes de nos forêts, filmées dans leur vie quotidienne, nous apparaissent à la fois proches et mystérieuses. Mais l’heure n’est plus du tout à la fête. Perrin raconte comment, après l’âge d’or des forêts il y a treize mille ans, l’homme domestique la faune, défriche et façonne le paysage.

« Les animaux deviennent utiles ou nuisibles. Les autres portent malheur », souligne la voix du réalisateur. Clac, un piège se referme sur les pattes d’une chouette. Et les loups sont pourchassés sans merci. Raconter plus de vingt mille ans de coexistence avec le sauvage en une heure et demie implique un sacré esprit de synthèse, qui rend cette épopée un peu elliptique et schématique. C’est au service d’un message clair : une nouvelle alliance avec nos compagnons de planète est encore possible, conclut Jacques Perrin, comme un testament aux générations futures.

La belle histoire de l’installation de onze jeunes paysans sur une ferme du Limousin

La belle histoire de l’installation de onze jeunes paysans sur une ferme du Limousin

11 janvier 2016 / Campagnes solidaires

Dans le sud de la Haute-Vienne, la ferme de la Tournerie vit depuis cette année une révolution : d’une exploitation spécialisée en bovins-viande sur laquelle travaillait un seul actif, elle devient une ferme diversifiée sur laquelle s’installent onze jeunes paysans qui ont placé le collectif au cœur de leur projet.
C’est fait. Un an et demi après leur première visite, ils s’installent. « Ils » et « elles » en réalité : six garçons et cinq filles, soit onze futur.e.s paysan.ne.s, décidés à faire d’une exploitation agricole spécialisée en bovins-viande une ferme aux productions diversifiées.
Avec près de 80 hectares de terres agricoles, deux maisons d’habitation et des bâtiments d’ores et déjà fonctionnels, la ferme de La Tournerie semble taillée pour correspondre au projet du collectif. Pourtant, elle ne fait pas l’unanimité d’emblée. C’est au fil des visites que la réalité s’impose : le lieu idéal n’existe pas, et ce qui est vrai dans un parcours d’installation « classique » est encore plus vrai à onze.
JPEG - 168.7 ko
C’est parti pour les onze nouveaux occupants de la ferme de la Tournerie. Du pain au levain, des légumes et fruits de saison, de la bière artisanale, de la viande de porc, du fromage de vache et de chèvre, de la crème fraîche et des yaourts : tout sera produit en bio puis vendu localement.
Si les attentes personnelles sont multiples, le projet collectif, lui, est abouti, mûri depuis plusieurs années. En janvier 2012 déjà, un tableau d’école de l’Institut supérieur d’agriculture de Lille (ISA) se remplit des envies de chacun. La volonté de faire ensemble est commune mais des sensibilités différentes s’affirment. Certains se voient d’ores et déjà dans le maraîchage ou l’élevage, d’autres s’intéressent aux produits transformés, comme le pain, le fromage ou la bière. Neuf des onze sont dans la salle, dix sortent diplômé.e.s de l’établissement à l’automne de la même année, avec la volonté de prendre le temps. Car vue de l’école d’ingénieur, l’alternative au modèle agro-industriel, c’est tout un monde à inventer.

L’effet d’entraînement joue à plein 

De là, chacun mène sa barque de son côté, au gré des premiers emplois. Ouvriers agricoles, animateurs et animatrices pour différents organismes comme la Confédération paysanne, l’association Terre de liens, les réseaux Solidarité paysans ou des Groupements d’agriculteurs biologiques (GAB)... Les choix ne sont pas anodins.
2013 est l’année de l’immersion complète dans la réalité du monde agricole. Une vision plus claire des différents acteurs se dessine, mais aussi des enjeux associés à l’agriculture. Émergent alors selon les parcours les questions d’autonomie, de vente locale, de productivité, de qualité de vie... La diversité des alternatives découvertes cette année-là gomme le simple clivage agriculture conventionnelle/agriculture biologique. Il ne suffit pas de faire du bio.
JPEG - 94 ko
Le four à pain.
En avril 2013, la visite en Mayenne d’une ferme tenue par le collectif Radis&Co finit de convaincre le groupe. Le modèle en polyculture-élevage, avec une production diversifiée tournée vers des débouchés locaux, est viable. Mais surtout, l’organisation collective qu’ils y observent, composée de week-ends d’astreinte, de compétences partagées pour que chacun.e soit remplaçable au pied levé, génère des rapports au temps et au travail différents. Un équilibre de vie central dans le projet du groupe.
Fin 2013, deux membres du collectif s’installent à La Ribouille, un hameau de Saint-Germain-les-Belles, dans le sud de la Haute-Vienne. La maison, en réalité une fermette convertie à l’habitation, est à mi-chemin de leurs lieux de travail respectifs et l’idée d’un « camp de base » pour l’ensemble du groupe fait peu à peu son chemin. Très vite, le terrain attenant est transformé en potager, une mare à canards voit le jour ainsi qu’un poulailler et un atelier. L’effet d’entraînement joue à plein, et c’est tout le collectif qui s’y installe, des caravanes disposées à la périphérie du terrain venant s’ajouter aux trois chambres de la maison. Le four à pain existant est remis en état de marche, une dépendance transformée en microbrasserie et la cave se remplit de fromages... La Ribouille passe vite du camp de base à la zone d’expérimentation. Si les volumes de productions sont encore modestes et l’autonomie toute relative, le cœur du projet, lui, est grandeur nature : le collectif. Ils sont tous les onze là, à vivre sur le lieu.

La complémentarité des membres du collectif s’avère efficace 

Répartition des tâches, des espaces, mise en commun des revenus, La Ribouille permet d’expérimenter des outils d’organisation et de communication vus ailleurs, de les adapter, voire d’en créer de nouveaux pour répondre aux besoins. Chaque réunion hebdomadaire débute par un « tour d’humeurs », histoire de prendre le pouls du collectif avant d’attaquer la semaine, et des « réunions philo » abordent les questions de fond sans obligation de prise de décision. Sans viser le consensus, ces temps d’échanges formels font émerger de nouvelles questions et nourrissent les réflexions individuelles. La mise en commun des revenus, par exemple, a soulevé de nombreux débats. Pour le moment adaptée à la situation, elle reste en place sans être irrévocable.
JPEG - 208.4 ko
Installation des serres pour le maraîchage.
Le parcours d’installation, commencé au début de 2014, met à l’épreuve l’organisation du collectif : aux stages prescrits par la chambre d’agriculture s’ajoutent les visites de fermes et la définition précise du projet. Dimensionnement des différentes activités, constitution de dossiers à soumettre aux différents organismes sollicités (Terre de liens, chambre d’agriculture, banques...), la complémentarité des membres du collectif s’avère efficace et fin 2014, tout est bouclé.
Quatre hectares dédiés au maraîchage bio dont 4.500 m² de serres, 15 vaches laitières bretonnes pie noir, 70 chèvres poitevines, une fromagerie, une vingtaine d’hectares de céréales bio, du pain, de la bière et des porcs fermiers. Associé au profil de la ferme de La Tournerie, le projet a su convaincre la foncière Terre de liens, qui se porte acquéreuse du terrain en mai 2015, à hauteur de 269.500 €. Le collectif, à travers une SCI, achète quant à lui le bâti. En juin, l’accord de vente est signé. Trois mois plus tard, c’est au tour de la commission départementale d’orientation agricole de placer le projet sous les meilleurs auspices : la fourchette haute de la dotation jeune agriculteur est attribuée aux dix futur.e.s paysan.ne.s du collectif, soit 24.500 € par tête. Quelques jours plus tard, leur regroupement en un Gaec (Groupement agricole d’exploitation en commun) de dix personnes est validé. Un des membres du collectif, architecte-charpentier de formation, sera employé à mi-temps par la structure, libre de consacrer le reste du temps à son activité première.

Convaincre les acteurs « traditionnels » de l’agriculture 

Le projet collectif a donc su convaincre les acteurs « traditionnels » de l’agriculture (chambre, Safer, banque...) et ceux militant pour une autre agriculture. À mi-chemin : la famille propriétaire depuis deux générations de la ferme. Malgré d’autres propositions d’achat, inscrites dans des logiques d’agrandissement d’exploitations préexistantes, les propriétaires ont soutenu par leur patience et leur bienveillance le projet des onze.
JPEG - 105 ko
Les vaches bretonnes pie noir.
La ferme de La Tournerie reste donc une entité et amorce sa transformation. Si la conversion de l’ensemble des terres au bio prendra deux ans, l’aménagement des bâtiments se fera pendant l’hiver à venir. Des travaux de maçonnerie et de menuiserie dans l’existant sont nécessaires pour la création des ateliers bovin, caprin et porcin, d’une brasserie et d’une fromagerie. Cette dernière doit être prête pour le printemps et les premières production laitières.
À terme, La Tournerie produira des légumes de saison, du fromage, du porc fermier, du pain et de la bière. Quinze à vingt personnes y vivront et onze y travailleront. Pas mal, pour une petite ferme !

Des choix et des projets

- L’autonomie, pas l’isolement
Dès la première réunion, le principe a fait l’unanimité. Vivre et travailler ensemble sur un même lieu ? Oui, à condition qu’il s’agisse d’un lieu ouvert sur le monde, un lieu d’échanges. L’isolement, à tort ou à raison, est alors perçu comme un risque lié à la profession, ou la ruralité, ou les deux. Un risque peut-être accru par le choix d’une installation en collectif : aussi, bon nombre des décisions prises tendent à l’ouverture.
- Le Limousin plutôt que l’Ardèche
Le choix de la région d’installation s’est vite orienté vers des zones moins pourvues en modèles alternatifs.
- Implication dans les réseaux agricoles
Une fois les activités bien lancées, La Tournerie souhaite prendre part à différents réseaux d’échanges et de coopération, comme Agrobio 87, l’Ardear du Limousin ou le réseau Semences paysannes. Il est également prévu d’adhérer à la Cuma [1] la plus proche.
- Produire pour soi... et pour d’autres
Plutôt que l’autosuffisance, évoquée les premières années, c’est la production d’aliments issus de l’agriculture bio à des fins de commercialisation qui s’est imposée.
- La vente locale
Les productions seront écoulées sur les marchés de Limoges et Saint-Yrieix-la-Perche, ainsi que sur des lieux de dépôt dans les mêmes villes après commande sur Internet. Des magasins de producteurs des alentours seront également concernés, les collectivités territoriales seront sollicitées par l’intermédiaire de MangerBioLimousin. Un magasin à la ferme sera également tenu.
- Bar associatif
Sur la ferme, une ancienne porcherie est destinée à se transformer en un bar associatif qui accueillera diverses manifestations culturelles.
- Maison collective
Dès que l’activité agricole sera amorcée, une des maisons d’habitation sera dédiée exclusivement à la vie collective.

[1Le réseau des coopératives d’utilisation de matériel agricole.

34,4 milliards d’euros

34,4 milliards d’euros


34,4 milliards d'euros
(Crédit photo : Wikimedia)
 
C'est le coût estimé du projet d'enfouissement des déchets nucléaires de Bure.

C’est le coût estimé par l’Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs (Andra) du projet Cigéo d’enfouissement des déchets nucléaires français dans le sous-sol de la commune de Bure (Meuse). C’est le double de ce qui avait été calculé en 2005, date à laquelle le projet avait été chiffré à 15 milliards d’euros.

Ce montant est toutefois contesté par EDF, Areva et le Commissariat à l’énergie atomique (CEA) qui considèrent pour ce projet un coût objectif (hors risques) de 20 milliards d’euros. La ministre de l’Ecologie, Ségolène Royal, devra trancher prochainement et fixer par arrêté le « coût de référence » du site, soit le coût estimé du projet.

Nature déboussolée : « Au sein de notre laboratoire, personne n’a jamais vu ça »

Nature déboussolée : « Au sein de notre

Nature déboussolée : « Au sein de notre laboratoire, personne n'a jamais vu ça »
(Crédit photo : Patrick Flambard)
 
Framboises, jonquilles et abeilles ont donné aux fêtes de fin d'année un goût printanier. D'où vient ce réveil précoce de la nature ? Pour quelles conséquences ? Réponses d'Isabelle Chuine, directrice de recherches au CNRS.

Floraisons anticipées, bourgeons prêts à éclore, insectes pollinisateurs qui oublient d’hiberner : aux quatre coins de la France, beaucoup ont constaté, et parfois immortalisé, les symptômes d’une nature déboussolée. Isabelle Chuine, directrice de recherches au CNRS (Centre national de la recherche scientifique), s’intéresse à la phénologie des végétaux, c’est-à-dire au lien entre les événements périodiques qui rythment la vie des espèces et les variations saisonnières du climat. Au sein de l’Observatoire des saisons, dont elle est la responsable scientifique, elle s’apprête à analyser les anomalies de décembre-janvier. Avant que les travaux scientifiques – qui s’appuieront sur les contributions d’observateurs bénévoles, notamment celles des lecteurs de Terra eco – nous livrent toutes les clés, la chercheuse donne un premier éclairage sur les causes et conséquences de ces phénomènes étranges.

Terra eco : Notre étonnement face aux iris en fleurs en décembre est-il partagé par les chercheurs ?

Isabelle Chuine : Oui, au sein de notre laboratoire de recherches, personne n’a jamais vu ça. La situation, marquée par des floraisons extrêmement précoces, est exceptionnelle. Des espèces à floraison hivernale, comme le mimosa et le noisetier, ont fleuri dès novembre. Pour d’autres, dont la floraison est normalement printanière – iris, jonquilles, forsythia et lilas –, cela a commencé en décembre.



Comment expliquer ces anomalies ?

Au début du mois d’octobre, nous avons connu une petite vague de froid qui a duré huit jours, suivie de températures extrêmement douces. Cet épisode a envoyé à certains végétaux le signal que l’hiver était passé. Les espèces dont les besoins en froid sont les plus faibles ont alors levé leur dormance et la croissance cellulaire a débuté.

Quelles conséquences cet éveil précoce aura-t-il sur la suite du cycle de vie des végétaux ?

Les floraisons qui ont déjà eu lieu risquent d’être fatales pour la reproduction des plantes. Celles-ci ne produiront vraisemblablement ni fruits ni graines. Certains pollinisateurs sont certes restés en activité mais, en cette période de l’année, les conditions sont loin d’être idéales pour que les fleurs soient fécondées. Et même si elles l’étaient, les conditions de températures, et notamment le gel qu’on attend pour la fin de cette semaine, feraient probablement avorter le processus en détruisant les fruits fécondés.

Ces plantes pourraient-elles refleurir au printemps ?

Pour beaucoup, notamment les espèces ligneuses, ce ne sera pas possible d’avoir une double floraison. Les bourgeons floraux se forment pendant l’été. Il faudra donc attendre la prochaine période estivale pour que les arbres initient de nouveaux bourgeons qui normalement écloront au printemps 2017. Pour les espèces herbacées, la situation est différente et beaucoup, comme les pâquerettes et les pissenlits, pourront refleurir au printemps. Quoi qu’il en soit, nous sommes unanimes pour dire que cela aura un impact sur la reproduction. Les plantes auront investi dans la reproduction, mobilisé du carbone et des nutriments pour rien. Cela a un coût pour elles. Si le phénomène se répétait chaque année, la végétation pourrait ne pas s’en remettre.

Doit-on craindre des conséquences sur l’agriculture ?

A part les amandiers, dans les vergers, les arbres n’ont pour le moment pas encore commencé à fleurir. Ils devraient donc être préservés. En fait, tout va dépendre des conditions météorologiques des semaines à venir.

Vous attendez-vous à voir le phénomène se répéter dans les années à venir ?

Ces floraisons précoces sont le fruit de la juxtaposition inédite de deux phénomènes : vague de froid précoce à l’automne puis températures anormalement douces. Celles-ci sont la conséquence à la fois d’un épisode d’el Niño qui a débuté en 2014 et que l’on peut associer à la variabilité naturelle du climat, et du réchauffement global qui a débuté il y a environ un siècle. Les conditions climatiques que nous connaissons cette année devraient devenir la norme à partir de 2050. A cette même échéance, on voit apparaître, dans les projections de nos modèles, des problèmes de développement pour les espèces tempérées dans les régions méridionales de France.

Collecter des données sur le phénomène en cours est donc crucial ?

Oui. Nous vivons une expérience grandeur nature inédite, qui pose de nombreuses questions mais peut aussi apporter des réponses. Il y a, par exemple, un débat de longue date au sein de la communauté scientifique autour de l’influence de la photopériode – la durée du jour – sur le déclenchement de la floraison. En ce moment, des espèces fleurissent en plein solstice d’hiver. Cela suggère qu’elles n’y sont pas du tout sensibles. On sait également peu de choses sur les besoins en froid de chaque espèce. Leurs réactions au phénomène météorologique actuel nous permettent d’avancer. C’est pourquoi nous avons besoin de multiplier les observations. Comme nous sommes très peu de chercheurs à travailler sur ces questions, les sciences participatives sont un formidable outil.

Si vous avez constaté des anomalies et voulez contribuer par vos observations aux recherches de l’Observatoire des saisons, n’hésitez pas à envoyer une photographie de la plante, avec la date et le lieu de l’observation à contact@obs-saisons.fr

Nos cantines publiques passeront-elles au bio et au local demain ?

Nos cantines publiques passeront-elles au bio et au local demain ?


Nos cantines publiques passeront-elles au bio et au local demain ?
(Crédit photo : Rex Pirie - Wikimedia)
 
Des produits bios, du coin et de saison largement présents dans toute la restauration collective publique ? L'idée, qui a reçu le soutien de près de 100 000 personnes, sera étudiée ce jeudi devant l'Assemblée nationale.

Malbouffe et cantine vont-elles devenir incompatibles ? A partir de 2020, les habitués de la restauration collective publique pourraient trouver au bout de leur fourchette au moins 40% d’aliments « durables, locaux, de saison ». Telle est l’ambition de la proposition de loi « visant à favoriser l’ancrage territorial de l’alimentation », examinée ce jeudi 14 janvier en première lecture à l’Assemblée nationale. Si le texte est adopté, les cantines – mais aussi les hôpitaux et les maisons de retraite – auront quatre ans pour introduire des produits labélisés, avec par exemple des appellations géographiques protégées, dans leurs menus. Un moyen de contourner l’interdiction de la localisation des appels d’offres inscrite dans le code des marchés européens. Dans le même intervalle de temps, la part des ingrédients issus de l’agriculture biologique grimperait à 20%, contre 2,7% actuellement.

L’idée est plébiscitée par la population. Un sondage Ifop commandé par l’association Agir pour l’environnement et publié le 12 janvier indique que 76% des Français interrogés y sont favorables. L’engouement va plus loin. Une pétition en ligne qui permet aux citoyens d’inviter directement et par courrier leurs députés à voter en faveur de la loi a récolté plus de 93 000 signatures en cinq jours ! Dans le même temps, une douzaine d’associations, parmi lesquelles Générations Futures, la fondation Nicolas Hulot, le mouvement inter-régional des Amap, ont adressé un courrier aux députés pour les inviter à soutenir le texte.

Un effet levier puissant

« Il y a une très forte attente sociétale. Les consommateurs réalisent qu’à travers l’alimentation ils peuvent agir sur le social et l’environnement », résume Brigitte Allain, députée Europe Ecologie - Les Verts de Dordogne, qui porte cette proposition. « Ce mouvement s’est d’abord traduit par les Amap (Associations pour le maintien de l’agriculture paysanne), cibler la restauration collective permet de franchit un palier supplémentaire », explique l’élue.

« Cette loi peut avoir un effet levier très puissant sur le développement de l’agriculture bio en encourageant les conversions et les installations », se réjouit Mathias Chaplain, coordinateur de campagne au sein de l’association Agir pour l’environnement. Il rappelle que « la restauration collective est un marché à 17 milliards d’euros ». Une demande qui dans certaines régions comme l’Ile-de-France dépasse de loin les capacités actuelles des producteurs bios et locaux. « Il y a des marges de progrès, des emplois à créer, des producteurs à installer, il va falloir créer des plateformes logistiques, des légumeries, des abattoirs multi-espèces et repenser la manière de cuisiner dans la restauration collective », s’enthousiasme Brigitte Allain, pour qui la vertu première de cette loi serait « d’améliorer le lien social entre producteurs et consommateurs ».

Déjà au menu du Grenelle

L’idée n’est pas tout à fait neuve. Après le Grenelle de l’environnement, l’objectif avait été fixé en 2008 d’introduire des aliments bios à hauteur de 20% dans la restauration publique d’Etat d’ici à 2012. « Ç’a été un échec : les objectifs n’étaient pas contraignants et leur annonce n’avait été assortie d’aucun suivi », estime Mathias Chaplain. Cette fois, la donne est différente. Parmi les dispositions inscrites dans la proposition figure la création d’un « Observatoire de la sécurité alimentaire et des circuits courts ».

« Ce n’est pas un sujet partisan : certains députés de droite m’ont fait part de leur intention de voter la loi », se réjouit Brigitte Allain, optimiste quant à l’issue du scrutin. Pour elle, la pression citoyenne a joué. « Elle aura un impact sur le vote de ce jeudi, mais aussi sur les élus au moment de la mise en œuvre », espère la députée.

Houmous aux poivrons rôtis et pois chiches croustillants au parmesan végétal

Houmous aux poivrons rôtis et pois chiches croustillants au parmesan végétal

Une recette de notre partenaire Le temps des citrons

Ingrédients

Temps de préparation : Préparation: 15 minutes / Cuisson: 30 minutes.
Ingrédients pour le houmous :
  • 400 g de pois chiches cuits
  • 2 poivrons rouges 
  • 1 gousse d’ail
  • Le jus d’un citron
  • 1 c. à soupe de tahini (pâte de sésame)
  • 2 cuillères à soupe d’huile d’olive
  • Paprika (selon les goûts)
  • 1 pincée de piment de Cayenne 
Ingrédients pour les pois chiches croustillants :
  • 100 g de pois chiches en conserve
  • 1 pincée de piment de Cayenne
  • 1 c. à café de cumin
  • 2 c. à café de parmesan végétal

Préparation

Houmous :
1 – Préchauffer le four à 200° C. Découper les poivrons en 2, les vider et les déposer sur une plaque allant au four. Laisser cuire les poivrons rouges pendant 30 minutes. Une fois cuits, laisser refroidir les poivrons puis enlever la peau et les découper grossièrement en petits morceaux.
2 – Retirer la peau des pois chiches (pas obligatoire – vous pouvez aussi les garder ainsi). Dans un bol, mélanger les pois chiches avec le jus de citron, l’ail tranché finement, la pâte de sésame, l’huile d’olive, le paprika et le piment de Cayenne. Ajouter les poivrons et mettre au robot culinaire jusqu’à obtenir une pâte homogène. Saler et poivrer. Si la pâte est trop épaisse, ajouter un peu d’eau dans le robot.
Pois chiches croustillants:
Dans un bol, mélanger les pois chiches avec l’huile d’olive, le piment de Cayenne, le cumin et le parmesan végétal. Mettre au four 30 minutes à 200° C et remuer toutes les 10 minutes jusqu’à ce que les pois chiches croustillent.

Salade d’endives aux kumquats, à l’avocat et à l’orange

Salade d’endives aux kumquats, à l’avocat et à l’orange


Salade d'endives aux kumquats, à l'avocat et à l'orange
(Crédit photo : Cocotte et biscotte)
 
Et si pour ce soir on se faisait une salade simple et gourmande ? Pas de prise de tête, frais et au top pour ce mariage sucré salé réussi. Je vous souhaite à toutes et à tous une excellente année 2016 pleine de belles choses.


Pour 2 personnes

Préparation : 10 min

Cuisson : 10 mn

Pour la salade
- 4 endives
- 1 avocat
- Quelques amandes grillées
- 1 orange
- 4 à 5 kumquats
- Quelques graines de pavot
- Quelques cranberries séchées

Pour les tuiles de parmesan
- Un peu de parmesan râpé

Pour la vinaigrette
- 2 cuillères à soupe d’huile de tournesol
- 1 cuillère à soupe de vinaigre balsamique
- 1 cuillère à café de moutarde
- sel, poivre
Lavez les endives et enlevez une à une les feuilles. Placez dans deux assiettes.

Epluchez l’avocat et détaillez-le en fines lamelles.

Disposez sur une plaque recouverte de papier cuisson de petits tas de parmesan râpé. Faites cuire vos tuiles pendant environ 10-12 minutes. Conservez.

Mélangez tout les ingrédients de la salade, ajoutez les fruits secs et préparez votre vinaigrette en mélangeant les ingrédients.

Assaisonnez et dégustez le tout accompagné de tuiles de parmesan.


- Cette recette a été élaborée par Cocotte & Biscotte. Pour découvrir d’autres idées de bons petits plats, rendez-vous sur leur site ou leur page Facebook.