jeudi 11 juin 2015

Astr'Olt

Bonjour,
j'ai le plaisir de vous annoncer la première sortie pour tous du club  Astr'Olt pour la saison 2015, le vendredi 12 juin au départ de Viviez (devant la gare à 21h) .
Site d'observation aux Albres.
Sur réservation au 06 99 29 36 31.
Annonce et programme détaillé en PJ
Merci de votre attention et de bien vouloir communiquer le cas échéant.
Bien cordialement
Claire HENRION

--
Rock'Astres
association loi 1901
Les pieds sur Terre, les yeux au Ciel
http://rockastres.org/



Blé juin

Bonsoir à toutes et à tous,

La prochaine Blé aura lieu le samedi 13 juin chez Jo et Didier, adhérents N°103 Au programme :

- 18heures accueil,
- 18h30 Blé
- Puis Repas partagé

Nous vous attendons nombreux
Patricia

A Strasbourg, la monnaie locale sera trilingue

A Strasbourg, la monnaie locale sera trilingue


A Strasbourg, la monnaie locale sera trilingue

Faire marcher les commerces de proximité, c’est bien. Favoriser les échanges entre les citoyens dans une zone frontalière, c’est encore mieux. Voilà en quelques mots la réflexion qui a accompagné la création du « Stück », la monnaie locale complémentaire de Strasbourg et ses environs.
Les premiers billets, partis chez l’imprimeur au début du mois de juin, comporteront tous des inscriptions en français, alsacien et allemand. En septembre, Strasbourg rejoindra ainsi la quarantaine de villes qui proposent à leurs habitants de convertir leurs espèces sonnantes et trébuchantes en monnaie locale pour doper les circuits courts. D’ordinaire, les citoyens se contentent de convertir leurs euros en monnaie complémentaire à dépenser dans une liste de boutiques affiliées. Avec le « Stück » ils pourront aussi passer la frontière et s’entraîner à compter en trois langues.
A lire sur We demain.

J’ai testé : une semaine sans plastique

J’ai testé : une semaine sans plastique


J'ai testé : une semaine sans plastique
(Crédit illustration : Julien Couty pour « Terra eco »)
 
Une cure choc anti plastoc ? De la théorie à la pratique, il y a un océan ! Car ce bougre se la joue franchement envahissant.

Il intoxique nos poumons, étouffe les animaux marins et épuise le pétrole. Le plastoc a beau être bon marché, imperméable, flexible et léger, son CV n’est pas tout rose ! Avant d’entamer ma mission, j’établis un état des lieux. Dans ma cuisine, les faux tupperwares, le presse-agrumes, la cafetière, les moules en silicone, la poubelle et le sac qu’elle contient… tout est en plastique. Dans le salon, je cache des crayons, deux bibelots et c’est bon. Mais dans la salle de bains… Shampooing, gel douche, brosse à dents, dentifrice, rien pour me sauver. Je déterre un vieux mascara bio au packaging en carton. Sauf que sa brosse est en toc. Face à mon placard bourré de fripes synthétiques, j’abdique et revois mes ambitions : si je ne peux sortir le plastique de ma vie, je n’en ferai pas entrer davantage pendant une semaine. Fastoche ?

Je troque gel douche et shampooing contre une savonnette et un shampooing solide. Ma chevelure tire la tronche, mais j’ose me rendre au travail. Entre-temps, j’ai touché mon pass de métro, mes écouteurs, mon porte-clés… J’hésite entre pleurer et crier à l’invasion. Pause déj’ : je mise sur le magasin bio. Les choix sont limités, tout est plastifié. Un espoir du côté des samoussas, mais sous le carton, les triangles aux légumes ont été mis sous vide. Reste l’option salade à composer. Au rayon vrac, je trouve noisettes, amandes… Mais le stock de sacs en papier pour les fruits et légumes s’est évaporé.

Je me rabats sur la boulangerie. Un midi, au cœur de Paris, les spécialistes du jambon-beurre dépotent. J’ai à peine passé commande et mentionné ma plasticophobie qu’une armée de bras s’agitent en cuisine. Mon casse-croûte a été emballé contre son gré. A la première bouchée, je fulmine. Mes deux bouts de pain sont aussi coincés dans une robe de papier kraft à laquelle le créateur a cru bon d’ajouter une fenêtre en polypropylène. Comme si on devait voir à travers pour être sûr d’emporter la baguette et pas le bras de la boulangère.

Marché inondé

Demain, ce sera popote maison dans ma boîte en acier inoxydable. Je n’aurai qu’à transvaser mon plat dans une assiette pour éviter le feu d’artifice dans le micro-ondes. Car oui, d’habitude, j’y passe mon faux tupperware. Un sacrilège pour les antipolymère. Je ne m’étais jamais intéressée aux trois flèches et au chiffre gravés sur certains contenants, qui permettent d’identifier la résine utilisée. Parmi les sept types de plastique qui inondent le marché, on me conseille de boycotter les numéros 1, 3, 6 et 7. Ma bouteille d’eau est classée 1 ; son bouchon, 2 ; mon faux tupperware, 5. Me voilà à guetter les flèches sur tout ce que je touche.

Pour cuisiner maison, encore faut-il des provisions ! Dans mon supermarché, je zappe le coin primeur. Oubliés, aussi, les rayons poisson, viande, fromage et leurs barquettes recouvertes de cellophane. Au rayon confiserie : cas de conscience. Puis-je faire semblant de ne pas savoir que sous leur carton, ces délicieuses galettes suédoises ont aussi un film et un présentoir en matière interdite ? Non. Je tâte les paquets pour détecter le couinement de mon ennemi et finis par jeter mon dévolu sur des biscuits moins séduisants, mais dont je devine en les broyant qu’ils n’ont pas eu droit à leur barquette à deux ou trois compartiments.

Dernière étape de ma semaine : le marché du dimanche. J’ai mon étal fétiche, d’où on repart avec ses fruits et légumes dans des sacs verts, jaunes, violets ou bleus. Les vendeurs me connaissent, mais ils ne me font pas de cadeau. « Comme les gens se servent eux-mêmes, la couleur des sacs nous permet de savoir si ce qu’ils emportent vient de chez nous. Prends-les, tu t’en serviras pour les poubelles ! » Un arc-en-ciel de pochons en main, je m’enfonce. « Le plastique, c’est fantastique », d’accord, mais « le plastique, c’est pas automatique », ça rimait aussi. —



Full metal barquette

Vous préférez le métal au plastique ? Dans le film The Lunchbox (2013), Ritesh Batra raconte pourquoi nous devrions tous avoir une boîte en acier pour nos pauses déjeuner (et faire des rencontres).

Une chasse au long cours

Se débarrasser du plastique prend du temps. Embarquez un sac en tissu pour le shopping imprévu et privilégiez l’électroménager en verre et en métal dès qu’un de vos appareils en plastique rend l’âme.

Ils l’ont fait !

Au Canada, Chantal et Jay ont relevé le défi de la vie sans plastique. Ils donnent leurs bons plans sur le site Internet Lifewithoutplastic.com (en anglais) et ont ouvert une boutique en ligne (en français et en anglais).

mercredi 10 juin 2015

Monsanto

Nom : Monsanto. Métier : empoisonneur



La mobilisation internationale du week-end dernier contre Monsanto a permis de rappeler la nature profonde des firmes agrochimiques. Ces empoisonneurs patentés sont responsables de la mort de dizaines de milliers de personnes, estime Noël Mamère. Et le Tafta pourrait demain donner toute liberté d’action à ces entreprises scélérates.

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Noël Mamère

Dans plus de cinquante pays, ce week-end, des rassemblements se sont tenus contre Monsanto et les multinationales des OGM (organismes génétiquement modifiés) et des pesticides. En France, plus de trente-cinq villes de métropole et des DOM (départements d’outre mer) ont pris part à cette initiative lancée par le collectif citoyen des Engraineurs et l’association Combat Monsanto. Leurs revendications : stopper l’offensive des OGM en Europe, arrêter l’empoisonnement par les pesticides et affirmer l’opposition grandissante au projet de Grand marché transatlantique (Tafta) qui deviendrait le cheval de Troie de Monsanto et de ses semblables.

Assassin chimique

L’entreprise Monsanto, dénoncée il y a quelques années dans un documentaire et un livre de Marie-Monique Robin, Le monde selon Monsanto, est depuis des décennies responsable de scandales sanitaires à répétition ayant provoqué la mort de dizaines de milliers de personnes : PCB, agent orange, dioxine, OGM, aspartame, hormones de croissance, herbicides Lasso et Roundup...
Le producteur de saccharine est devenu un géant de la chimie puis s’est reconverti dans la biogénétique. Mais celui qui est devenu le premier semencier de la planète n’a jamais cessé de détourner à son profit les lois des Etats, en pratiquant la corruption à haute dose, avec tous les moyens qui accompagnent cette pratique mafieuse, sous couvert de lobbying.
Dès 1949, un accident survenu dans une usine de Monsanto, en Virginie, révèle que l’herbicide 2,4,5-T contient des niveaux élevés de dioxines, des substances hautement toxiques et cancérigènes, de composition assimilable à celle des polychlorobiphényles (PCB). La commercialisation de l’herbicide se poursuivra pourtant jusqu’à son interdiction dans les années 1970. En France, la fabrication et l’utilisation des PCB sont interdites seulement depuis 1987.

Entre 1961 et 1971, Monsanto produit l’agent orange, toujours constitué à partir de l’herbicide 2,4,5-T. Ce défoliant sera massivement déversé par l’aviation américaine au-dessus des forêts vietcongs pendant la guerre du Vietnam. Les conséquences se font encore sentir aujourd’hui, avec de nombreux cancers et des malformations de naissance au Vietnam, ainsi que des séquelles diverses chez nombre d’anciens combattants américains.
En 1975, l’entreprise lance le Roundup sur le marché, un herbicide très puissant, présenté comme "biodégradable" et "bon pour l’environnement". Roundup est aujourd’hui l’herbicide le plus vendu au monde. Plusieurs études concordantes affirment pourtant que le pesticide phare de Monsanto – et son principe actif, le glyphosate – est responsable de malformations fœtales.

Biopiraterie et brevetage du vivant

Entre 1995 et 1997, le soja génétiquement modifié, Roundup Ready, le colza Roundup Ready et le coton Roundup Ready, tous trois résistants à l’herbicide Roundup, reçoivent les autorisations de commercialisation.
Détentrice d’un brevet, aujourd’hui périmé, sur le glyphosate (commercialisé sous le nom de Roundup), l’entreprise décide de changer de stratégie et entreprend de breveter le vivant. En mars 2015, le Centre international de recherche sur le cancer de l’Organisation mondiale de la santé classe le Roundup comme « probablement cancérogène ».
Monsanto produit actuellement 90 % des OGM de la planète. Au cours des années 2000, cet empoisonneur patenté ose assigner devant les tribunaux des centaines de paysans accusés d’avoir utilisé "frauduleusement" ses semences transgéniques brevetées, c’est-à-dire de les avoir replantées. Depuis, Monsanto s’est recyclé dans la biopiraterie en revendiquant des droits à la propriété intellectuelle sur des semences qu’elle vole aux paysans, comme en Inde.

Tafta : un blanc-seing à Monsanto

Demain, avec le TAFTA, le projet de grand traité transatlantique, des entreprises comme Monsanto pourraient attaquer devant des tribunaux d’arbitrage privés les moratoires des États opposés à la culture des OGM et réclamer des indemnités de plusieurs millions, puisées dans les deniers publics.
Peut-on accepter une telle mainmise des entreprises privées sur une diversité génétique qui appartient à toute l’humanité, qui est le fruit d’un savoir-faire millénaire et qui constitue la source de toute alimentation humaine ?
Peut-on admettre que dans de nombreux pays, particulièrement du Sud, les « lois semencières », dictées par les multinationales, menacent la souveraineté alimentaire et criminalisent, comme de vulgaires voleurs, les paysans et paysannes qui produisent et échangent des semences traditionnelles ?
La lutte contre Monsanto est un combat transnational qui concerne à la fois les paysans, les consommateurs, les citoyens. L’alimentation est notre bien commun. Nous ne pouvons la laisser aux mains de criminels en col blanc.
En 2002, durant la campagne présidentielle, j’avais demandé la création d’un tribunal international compétent pour juger des crimes contre l’environnement. Cette exigence est plus que jamais d’actualité… Et la première assignation serait adressée au PDG de Monsanto.

Dons obligatoires dans les hypers : la fausse bonne idée venue de Belgique

Dons obligatoires dans les hypers : la fausse bonne idée venue de Belgique


Dons obligatoires dans les hypers : la fausse bonne idée venue de Belgique
(Crédit photo : superk8 nyc - Flickr)
 
Une proposition de loi veut obliger les hyper à faire don de leurs invendus. L'idée s'inspire d'une loi belge... qui n'a convaincu personne.

Les éboueurs qui les vident chaque les jours vous le diront : les bennes des supermarchés sont surchargées de nourriture. On estime à 500 tonnes par an la quantité de produits alimentaires jetés dans les grandes enseignes. Pour arrêter le massacre, un groupe de 63 députés compte déposer une proposition de loi visant à obliger les magasins de plus de 1000 m2 à proposer leurs invendus encore consommables à des associations caritatives. La fin du grand gâchis ? Pas sûr du tout. Terra eco vous explique pourquoi.

La Belgique a déjà essayé

Les parlementaires français indiquent s’être inspirés de textes similaires adoptés en Belgique. Sauf que ces mesures - certes très récentes - n’ont pour l’instant pas convaincu : - La première a été adoptée dans la commune wallonne de Herstal en septembre 2013. « L’idée a été lancée par le bourgmestre juste avant les élections communales. Mais aujourd’hui ça n’a quasiment rien changé. Le supermarché donnait déjà ce qui peut être donné aux associations, aujourd’hui il a juste changé un peu sa méthodologie, peut-être que le don a été légèrement optimisé mais c’est tout », tacle Charles Petit, conseiller chez Comeos, la Fédération belge du commerce. « Il ressort de nos travaux qu’une approche volontariste serait préférable à une approche coercitive. Cela semble aussi être la volonté des associations », affirmait en janvier à la RTBF Nathalie Ricaille, membre de l’organisme public Espace environnement qui a étudié le sujet dans le cadre du projet européen de lutte contre le gaspillage Green Cook.
- En mars 2014, un décret similaire a ensuite été adopté pour les enseignes de plus de 2500 m2 dans toute la Wallonie. « Je pense qu’au moins 90% de ces enseignes donnaient déjà leurs invendus encore consommables. Les autres ne le faisaient pas non pas par mauvaise volonté mais pour des questions d’organisation, ils avaient par exemple besoin de donner à une heure précise en début de matinée et les associations n’ont pas forcement les moyens de suivre », poursuit le conseiller. « Ce type de mesure n’impacte pas vraiment le gaspillage au niveau global. Et, dans la pratique, les premiers retours montrent que certaines associations ont de plus en plus plutôt l’impression de jouer le rôle de poubelles », dénonce Thomas Pocher, le gérant d’enseignes E.Leclerc dans le Nord connu pour avoir réduit l’impact carbone et le gaspillage alimentaire dans ses magasins et qui a créé Greentag, cabinet de conseil en la matière pour la grande distribution.

Même les associations n’en veulent pas

En clair, ce n’est pas parce que la nourriture jetée en Belgique est encore comestible qu’elle peut être donnée. Obliger à proposer les produits aux banques alimentaires n’est donc pas forcément utile voir contre-productif. Et en France ? Ce sera encore pire. Car, contrairement à la Belgique, la France met déjà les petits plats dans les grands pour encourager les enseignes à donner. En effet, 60% du montant de ces dons peuvent être défiscalisés par les supermarchés. « Mes confrères me disent que je suis fou de le dire mais je le pense, je trouve que ce crédit d’impôt est très très élevé, trop élevé, ça coûte très cher à l’état », indique Thomas Pocher, qui bénéficie « d’environ 200 000 euros de crédit d’impôt par an » dans ses magasins. « Il y a même des boîtes qui se spécialisent là-dedans, elles vont voir les enseignes pour mettre ça en place et se rémunèrent en prenant un pourcentage du crédit d’impôt. Il y a beaucoup d’argent à gagner avec ce système », confirme Charles Petit.

Pour une vraie solidarité alimentaire

Déjà très incitées par cette belle carotte, les enseignes n’auraient pas grand intérêt à donner plus si la France manie le bâton. Au mieux, la mesure n’aura qu’un très faible impact « parce qu’elle a le mérite de relancer le débat public » indique Agnès Banaszuk, coordinatrice du réseau prévention et gestion des déchets de l’association France nature environnement. Au pire, « la qualité des dons pourrait se dégrader », poursuit-elle, avant de recentrer le débat : « La solidarité alimentaire ce n’est pas de jeter beaucoup et de le donner aux plus pauvres. Il faut d’abord réduire le gâchis et jeter moins, cela limiterait la pression sur les ressources et les matières premières et cela faciliterait l’accès de tous à l’alimentation. » Au lieu de chercher à contraindre les hyper à donner plus, ne faudrait-il pas les obliger à gâcher et à jeter moins ? Ça tombe bien, en la matière, les propositions et les expériences sont très nombreuses. D’abord, il faut s’attaquer à la trompeuse mention « à consommer de préférence avant ». Agnès Banaszuk montre en exemple les enseignes qui réduisent la taille de leurs étals. En effet, la grande distribution aime attirer le chaland avec des rayons toujours pleins. Si ces derniers étaient plus petits, on pourrait les remplir avec moins de produits et donc jeter moins ! En Belgique, la fédération Comeos assure, elle, avoir réduit les pertes grâce aux « ventes rapides », c’est-à-dire les rabais sur les produits en fin de vie. Thomas Pocher va beaucoup plus loin. « J’en avais marre d’acheter d’un côté des seaux de carottes râpées toute préparées par forcement bonnes pour le consommateur et de l’autre de jeter les carottes les moins belles. Maintenant je propose donc des carottes pré-découpées ou râpées dans mes magasins », avance le gérant, qui vend aussi des smoothies, puddings et autres bruschettas à partir de ses invendus. Le tout nécessite des investissements « qui sont largement rentabilisés ». Il assure réduire chaque année sa quantité de produits jetés alors que ses ventes, elles, augmentent. Mais, comme les autres personnes interrogées dans cet article, il n’a jamais été contacté par les députés français auteurs de la proposition de loi. Qui ont donc encore du pain sur la planche.

A Lisbonne des espaces verts sont devenus des potagers urbains




A Lisbonne, la municipalité a réagi à la crise en faisant le pari que l’agriculture urbaine pouvait avoir un rôle social. Des hectares d’espaces verts sont devenus des potagers urbains, et les parcelles attribuées sur critères sociaux à 500 familles. Une façon d’augmenter leurs revenus, tout en améliorant la résilience de la ville et en répondant au changement climatique.

Et si l’agriculture urbaine pouvait avoir un rôle social ? C’est le pari qu’a fait la mairie de Lisbonne. Car avec la crise, « les gens quittaient la ville et la qualité de vie baissait », observe Duarte Mata, architecte et conseiller auprès du maire en espaces verts et développement durable.
Depuis 2008, la municipalité a décidé de revoir son approche. Au programme : jardins, vergers et potagers urbains, parcs, corridors verts et pistes cyclables pour relier tous ces espaces de respiration.
Sur 32 hectares d’espaces verts, 7 sont devenus des potagers ou des jardins urbains. Des parcelles de 50 mètres carrés pour les plus petites, 1500 mètres carrés pour les plus grandes, ont été attribuées à 500 familles. Le but est de doubler ce chiffre d’ici 2017.

Compléter les revenus, améliorer l’alimentation

Les plus grandes parcelles sont distribuées en priorité aux chômeurs ou personnes habitant des logements sociaux. « Elles ont vraiment un rôle social, insiste Duarte Mata. Elles permettent de compléter des revenus insuffisants et d’améliorer la qualité de l’alimentation de la famille. »
Mais cela a aussi transformé le visage de la ville. Les pelouses vertes laissent peu à peu place à des jardins riches en biodiversité. Les occupants de parcelles ont l’obligation de laisser le passage aux promeneurs dans les allées. « Les parcs ont désormais plusieurs fonctions : récréative, mais aussi de production alimentaire, se félicite l’architecte. Et la présence de personnes dans les jardins crée un sentiment de sécurité pour tous. »
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Duarte Mata
Forte de ce succès, la ville est donc en train d’augmenter la surface des parcs, tout en diminuant les coûts d’entretien. Plus besoin d’arroser les pelouses tout l’été pour les garder bien vertes, ou d’arroser d’herbicides les allées. « Désormais, ce sont les citoyens qui s’occupent des parcs », se réjouit Duarte Mata. Des formations à l’agriculture biologique sont même proposées aux heureux occupants de parcelles.

Faire face aux pénuries alimentaires et au changement climatique

De quoi créer une ville plus verte, mais aussi plus résiliente. C’est ce que souligne un article des Centres de ressource en agriculture urbaine, qui résume le plan stratégique d’Agriculture urbaine de la capitale portugaise :
« Ce plan souligne combien l’agriculture urbaine est importante pour une ville, principalement à cause de sa dépendance aux légumes frais, de la montée des cours internationaux, et du revenu supplémentaire que cela apporte aux familles. Un autre facteur (…) est que cela permet de faire face aux éventuelles pénuries alimentaires. (…) Vous ne savez jamais ce qui peut arriver – événements soudains, catastrophes naturelles ou guerres (…). Par exemple, Lisbonne est située dans une région sismique et subit fréquemment des tremblements de terre, dont un en 1755 qui fût l’un des pires de l’histoire humaine. »
Résilience, et donc également adaptation au changement climatique. « Chaque année les pluies sont plus intenses, nous avons eu cinq inondations rien que cet hiver », souligne Duarte Mata. Les sols cultivés permettent d’absorber le trop plein d’eau et d’atténuer les conséquences des fortes averses. L’été, les jardins permettent à l’inverse de lutter contre les vagues de chaleur, elles aussi de plus en plus fréquentes.

Lisbonne n’a donc pas l’intention de s’arrêter en si bon chemin. Trois hectares de vigne, situés dans la ville, sont entretenus par un vigneron de la région. « C’est beau, c’est agréable pour la population, et cela permet à la mairie de produire du vin de la ville », explique le conseiller.
Mais surtout, d’ici un an c’est carrément une ferme urbaine qui devrait voir le jour. Six hectares de maraîchage seront consacrés à la formation des chômeurs. La production sera vendue sur le marché local.
De quoi transformer le paysage social de la ville, mais aussi de « faire vivre les gens au rythme des saisons, de la nature », espère l’architecte.